Sentinelle imperturbable, Bonifacio se présente presque irréelle et semble ne rien redouter. Provoquant le temps et le vertige, rien ne trouble sa force et sa posture, rien, pas même l’érosion inexorable de la falaise qui la porte et qui, en certains endroits s’épuise et capitule, ni même les frimas de son histoire romanesque. Bâtie sans doute en 832 sur les ordres d’un marquis qui lui laissa son nom, la cité forteresse fut très rapidement sous l’influence des puissantes républiques voisines de Pise, puis de Gênes à partir du XIe s. jusqu’en 1769, date à laquelle la Corse revient à la France. Ces deux puissantes cités états, en lutte pendant des siècles pour exercer leur domination sur les mers Tyrrhénienne et Méditerranéenne, ont légué à Bonifacio un héritage en tout point exceptionnel et ont inscrit ses caractères de noblesses en lettres capitales.
Si l’on regarde plus loin encore, dans l’invisible cette fois, Bonifacio nous fait remonter aux temps de la grande aventure du premier peuplement de la Corse, à l’époque ou nos lointains ancêtres ont débuté l’odyssée qui donnera naissance à la première civilisation insulaire.
Convoitée en raison de sa position stratégique sur les routes maritimes dès les premières heures du néolithique, courtisée pour l’extrême magie de son implantation et la richesse de son environnement, Bonifacio a de tous temps protégé ses habitants et fasciné le visiteur.





